Le mariage Microsoft-Yahoo se fera-t-il ?

16 03 2008

Le fiancé est venu demander la main à sa fiancée. La bague n’étant pas assez conséquente, le fiancé a été sommé de revoir sa dot avant de refaire sa demande. Mais celui-ci estimant lui donner ce qu’elle mérite, insiste à donner cette même bague. Et en appel à la mansuétude des proches de la fiancée. Le mariage se fera-t-il ?

Yahoo s’acharne à vouloir se rendre indigeste à Microsoft si finalement acquisition se fait. Plusieurs actions peuvent être pointées allant dans ce sens.

  • La dernière en date - volontaire/calculée ou non- est l’Open Search. C’est une plateforme de source libre permettant de mieux gérer les différents formats de partage d’informations afin d’optimiser les résultats de recherche sur le web. Et Yahoo prévoit d’intégrer les APIs dévéloppés sous la licence Open Source.
  • Les résolutions écrites de Yahoo d’offrir entre 4 mois et 2 ans de salaire - dépendant de la fonction de l’employé - dans le cas où un nouvel acquérant prenait les commandes de Yahoo.
  • Le déménagement dans le canton de Vaud, sur les rives du lac de Genève de 5% environ des employés de Yahoo en Europe. Cette décision paraîtrait dictée par les économies d’impôts octroyées par le gouvernement suisse.
  • Et le licenciement d’un millier de personnes.

Microsoft de son côté continue son lobbying en envoyant du courrier à ses employés en interne et en lançant des communiqués de presses à destination des actionaires de Yahoo afin de les faire peser sur la balance.
Stratégie en partie payante, puisque Yahoo est assignée en justice par le Wayne County Employee’s Retirement System of Michigan (qui détient environ 13 600 actions de Yahoo) et par la caisse de retraite de la Police et des Pompiers de Détroit.
Est-ce dans l’hypothèse où la transaction ne serait pas ? Toujours est-il que Microsoft continue ses acquisitions de sociétés spécialisées dans la publicité. En février 2008, c’était la start up israélienne Yadata, aujourd’hui c’est au tour de Rapt, une entreprise qui a pour expertise de manager les campagnes de publicité et trouver les meilleurs coûts en calculant la rentabilité dépendant des prestataires qui feraient ces campagnes.

Le poids de Microsoft tend à faire penser que cette acquisition se fera. Seulement, est-ce dans le meilleur intérêt de Microsoft de continuer sur cette action ? Le géant Microsoft-Yahoo sera-t-il plus profitable aux intérêts de Microsoft ? Les questions restent ouvertes.

Dans la course à l’indépendance, la fiancée rentrera-telle dans les rangs ?

Pour plus d’informations : Open Search (en)

Site officiel de la compagnie Rapt (en)

Lire aussi: Yahoo dit non à Microsoft

Courrier de Steve Balmer aux employés de Microsoft (en)

44 milliards pour Yahoo!!



Rapport Olivennes sur la protection des oeuvres culturelles

5 02 2008

Ci-dessous les recommandations de la mission sur le Développement et la protection des oeuvres culturelles sur les nouveaux réseaux. Mission confiée à Denis Olivennes, et dont le rapport a été remis au Ministre de la culture et de la communication Christine Albanel le 27 novembre 2007.

1. Ramener la fenêtre VOD de 7 mois et demi après la sortie en salle à 4 mois. A cette occasion, les professionnels du cinéma analyseront l’impact d’une telle mesure sur chacun des acteurs économiques de la production et de la distribution et réexamineront si nécessaire les mécanismes de financement du cinéma.

2. Aussi longtemps que les mesures techniques de protection (DRM) font obstacle à l’interopérabilité, abandonner ces mesures sur tous les catalogues de musique.

3. Subordonner les aides à la production du Centre national de la cinématographie à l’engagement que le film soit rendu disponible en VOD.

4. Généraliser le taux de TVA réduit à tous les produits et services culturels, cette baisse étant intégralement répercutée dans le prix public.

5. Dans le cas où cette baisse serait obtenue, élargir l’assiette des abonnements internet « triple play » soumis au taux réduit en contrepartie de l’institution d’une taxe alimentant des fonds de financement de la création et de la diversité musicales comme cela a été fait pour le cinéma.

6. Publier un indicateur de piratage tenu par les pouvoirs publics, au maximum trimestriellement, de préférence mensuellement.

7. Regrouper les ayants droit en un agence unique chargée de lutter globalement contre le piratage et de favoriser l’évaluation, le choix et la promotion de technologies, communes ou convergentes, de marquage et de reconnaissance des contenus.

8. Généraliser les techniques de filtrage des contenus pirates par accord avec les ayants droit sur les plate¬formes d’hébergement et de partage des œuvres numérisées grâce au choix d’une technologie d’empreinte (ou d’un nombre réduit d’entre elles), qui trouverait sa pleine utilité si éditeurs et ayants droit fournissent les sources permettant l’établissement de larges catalogues d’empreintes de référence.

9. Expérimenter les techniques de filtrage des fichiers pirates en tête des réseaux par les fournisseurs d’accès à internet et les généraliser si elles se révèlent efficaces.

10. Simplifier et clarifier la circulaire adressée au Parquet pour l’application de la loi dadvsi pour favoriser une application plus effective de la loi.

11. Prendre le décret déterminant des juridictions spécialisées dans la lutte contre la contrefaçon numérique, ainsi que celui prévu par l’article L. 336¬2 du code de la propriété intellectuelle relatif aux modalités de diffusion de messages envoyés par les fournisseurs d’accès pour sensibiliser les internautes.

12. La Commission nationale de l’informatique et des libertés doit tirer les conséquences de l’arrêt du 23 mai 2007 du Conseil d’Etat annulant sa décision du 18 octobre 2005 refusant à diverses sociétés d’auteur l’autorisation nécessaire à la mise en place d’un fichier permettant la recherche et la constatation des actes de contrefaçon sur internet.

13. Mettre en place soit une politique ciblée de poursuites, soit un mécanisme d’avertissement et de sanction allant jusqu’à la suspension et la résiliation du contrat d’abonnement, ce mécanisme s’appliquant à tous les fournisseurs d’accès à internet. Il peut nécessiter la mise en place d’une autorité indépendante.



Comment attirer les informaticiens dans votre entreprise ?

7 01 2008

Article rédigé avec la collaboration de Floriane Kurowiak

Pour attirer un informaticien, ne vous focalisez pas seulement sur le salaire fixe. L’argent est certes le nerf de la guerre, mais ce n’est point le seul argument à votre portée pour vous permettre de séduire et d’embaucher des informaticiens.
Vous vous demandez comment les attirer dans votre entreprise? Voici quelques idées.

L’IDENTITE DE L’ENTREPRISE
Soignez l’identité de votre entreprise. Les valeurs de l’entreprise créent l’image de l’entreprise en interne comme en externe. Et cette culture de l’entreprise se révèle principalement dans la vision du dirigeant, les valeurs qu’il fédère et met en application et enfin les actions que la société engage concrètement dans la communauté où elle est implantée.

LE SOURCING
Le sourcing sert à décrire les différents processus ayant pour objectif d’identifier des candidats correspondant aux profils recherchés.

SITE INTERNET
En bon informaticien, pour avoir des informations sur votre entreprise, le premier réflexe sera d’aller visiter le site de votre entreprise. Se renseigner sur les valeurs de la société, sur les métiers la composant. Et … regarder les postes ouverts en recrutement.

Les sites internet sont souvent faits pour répondre aux attentes des clients. En oubliant qu’il ya des clients internes et externes. Les clients internes sont bien entendu les salariés, et les clients externes outre ceux qui achètent vos produits, il y a les candidats potentiels. Pensez à leur créer un espace où ils retrouveront les informations les concernant.

Concernant les annonces en ligne, évitez les habitudes de certaines grandes entreprises qui laissent des annonces types afin d’alimenter leur vivier de CVs. Avec de telles pratiques, vous attirerez peut-être de jeunes diplômés, mais passerez à côté des profils expérimentés.

ENTRETIEN D’EMBAUCHE
Autant les SSII ont tendance à embaucher sur poste autant les entreprises finales recrutent sur profil. Lorsque la mission, les responsabilités et les attentes sont bien définies, chance est que vous allez intéresser le candidat.
D’après les réponses d’un sondage effectué par Floriane Kurowiak*, 20 % des informaticiens déclarent attendre de se faire chasser pour trouver un emploi, et 64% liraient souvent les annonces d’offres d’emploi sur internet. Ce qui sous-entend que la personne avec qui vous discutez est peut-être en poste et que ce que vous lui offrez doit être plus attractif que ce que lui offre son entreprise du moment.
D’autre part, 27% parmi les sondés sont insatisfaits du temps de réponse après un entretien. En le qualifiant de trop long. Que vous ayez une réponse négative, ou positive à offrir, répondez aux candidats dès que vous le savez.

COOPTATION
Dixit Yves Renaud consultant en recrutement chez Michael Page, les réseaux « apportent un capital inestimable dans le seul pays d’Europe où 75% des recrutements se font par le biais de réseaux, de la cooptation ou d’une approche directe sur les marchés. ». Mettez à contribution vos employés lorsque vous êtes à la recherche d’un profil. Cela peut être payant.

PARTENARIAT
Dépendant de vos besoins (ponctuels, réguliers, profil expérimenté ou général) et de votre taille, vous pouvez aussi créer des partenariats avec des écoles d’informatique. C’est de la communication externe: montrer l’existence de l’entreprise. Pour l’école, c’est un atout car elle prouve aux étudiants qu’elle a des liens avec le monde du travail et qu’ils ont des chaces d’être embauchés à l’issue de leur formation.

AVANTAGES SOCIAUX**
Les avantages sociaux au service d’une entreprise sont nombreux. Et la partie fixe n’est pas la seule qui soit prise en compte dans le calcul de la rénumération. Entre la participation, l’intéressement, les abondements, les actions gratuites et stock options, la Cesu, les avantages en nature et la protection sociale on ne peut pas dire que ce soit le choix qui manque. Une PME n’aura pas les mêmes choix qu’une multinationale. Cependant, elle peut jouer sur plusieurs tableaux pour prouver qu’elle s’engage à créer un environnement décent ajouté à la rénumération fixe marquée sur le contrat.

Même en passant outre ces recommandations, vous trouverez toujours un postulant pour répondre à votre offre d’emploi. Le problème est qu’il y a des chances que ce candidat ne soit pas une valeur sûre pour vos objectifs. Et vous laissera tomber lorsqu’une meilleure opportunité surviendra.

Après avoir attirés les informaticiens dans votre entreprise, comment les fidéliser ?


* Sondage effectué sur un panel de 215 informaticiens

**Lire aussi l’article par Anne-Sophie Bellaiche « Jouez sur toute la gamme de la rémunération »



Les informaticiens et l’employabilité

28 12 2007

La gestion de l’employabilité des informaticiens n’est pas une pratique répandue pour la bonne raison que les informaticiens eux-mêmes n’ont pas conscience de leur précarité. Quand ils sont abreuvés par les journaux, et les médias d’informations à grands titres tels ” 74 500 offres d’emplois IT en novembre, selon Keljob.com ” les informaticiens se pensent à l’abri de la précarité.

Seulement la question de savoir parmi ces offres quelle est la part de chacune des branches regroupant les informaticiens et où l’on se trouve soi même dans cette répartition pourrait se révéler intéressante quant au calcul de son employabilité. Qu’est-ce donc qu’un informaticien, et que nomme-t-on employabilité ?

Comment définir un informaticien ? Quelqu’un utilisant de l’informatique. Impossible, une assistante de direction utilise les outils bureautiques sans être informaticienne. Quelqu’un qui a besoin de l’informatique pour faire correctement son travail ? Un peu mieux. Ou encore quelqu’un qui conçoit, gère ou produit de l’information par l’informatique.
Selon les diverses sources statistiques ou professionnelles s’intéressant à la profession, la population des informaticiens en France est estimée entre 500 000 et 750 000 (1).

L’employabilité, elle, pourrait se définir comme l’écart entre les compétences des informaticiens et les besoins en informatique des entreprises. En attendant d’avoir les éléments pour mesurer son employabilité (si vous les avez, je suis preneur… mes recherches à ce sujet ayant toujours été vaines), une astuce serait de trouver la réponse à cette question: si je quitte mon employeur actuel, puis-je trouver un poste mieux rémunéré et en combien de temps ?

Voici des affirmations dans l’ère du temps: l’informaticien est à l’abri du besoin. Les salaires sont à la hausse, l’emploi au beau fixe. Il y a pénurie d’informaticiens (article publié sur le monde informatique). Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes des informaticiens.

Néanmoins, je me permets de reprendre ici les termes de Laurent Ellerbach de Microsoft “l’informatique est un métier où l’on ne reste pas, mais où l’on rentre en masse”. Il estime que le taux de renouvellement dans la profession est le triple de celui de la moyenne nationale des autres professions : 50 000 par an pour une population d’environ 750 000 informaticiens. Pourquoi une si haute variation pour les seuls informaticiens ?

Personnellement, j’identifie trois facteurs concourrant à ce phénomène et à la précarité de l’emploi informatique: l’offshore, les SSII et la rapidité des évolutions technologiques.

L’offshore:
La maintenance informatique et le support utilisateur sont de plus en plus externalisés. Et ces centres d’appel pour beaucoup se retrouvent à l’étranger. Pour simple constatation, appelez le support de votre fournisseur d’accès à votre domicile, faîtes attention à l’accent de votre interlocuteur et vous saurez où est implanté son centre d’appel. Du fait de la langue, les centres d’appel se concentrent plus dans les pays francophones du Maghreb, tandis que la R&D, utilisatrice de la langue universelle anglaise, se concentre en Inde.

Ce phénomène crée un vide pour les informaticiens de France ayant été formés dans une optique de support utilisateur, et de maintenance informatique en général. La solution ici apparaît évidente et se trouve dans la ré-ingénierie des compétences. Encore faut-il en définir les objectifs, puis les moyens et que les professionnels, l’état et les régions se rendent compte de la pertinence de présenter et mettre en œuvre cette stratégie.

Les SSII:
Sur les sites d’emploi informatique, nombre des offres postées provient des SSII. Et les annonces fracassantes telles ‘Accenture Technology Solutions recrute 600 informaticiens’ (article sur 01 net) sont des feux de paille qui alimentent l’illusion.

Et le plus dangereux dans tout cela réside dans le modèle économique même des SSII: vendre des salariés. Elles recrutent pour pouvoir répondre à des appels d’offres. Et lorsqu’elles perdent ces mêmes appels, les nouveaux employés sont ‘en stock’. En inter-mission, à attendre. Si l’inter-mission se prolonge, les salariés sont poussés au départ, et ce sans indemnité de licenciement économique, bien que dans les faits c’en en soit bien un.

Pour assurer leur survie, les SSII (vendeurs) recrutent des compétences particulières, répondant aux besoins du moment des entreprises utilisatrices (acheteurs). Quand ces entreprises n’en ont plus besoin, les SSII les récupèrent, et essayent de les repositionner dans d’autres missions. Si les demandes de ce type de profils se tarissent, ces informaticiens sont simplement remerciés. Afin de laisser la place à d’autres compétences pour les projets en cours et à venir. Et de créer ainsi une tension sur le marché du travail. L’option de former ce personnel à d’autres outils est rarement envisagée afin de ne pas amputer les marges des SSII (absence d’une vraie régulation en ce sens).

Pour vous en convaincre, tapez développeur dans un site d’emploi informatique. La mode est au Dot net, jusqu’au prochain phénomène et boulot d’étranglement (je table sur des postes en rapport avec les réseaux sociaux)!
De plus, toujours pour ménager leurs marges, les SSII licencient leurs personnels les plus âgés, dont le salaire est devenu trop important.
C’est la conjonction de ces contraintes (limitation des inter-mission, et des salaires) qui explique que chaque année, 42 000 postes sont renouvelés (autant d’entrées et de départs), pour seulement 12 000 créations de poste. (2)

Il faut aussi souligner que les SSII, qui assurent la fluidification du marché des informaticiens dans les conditions contestables qu’on vient de décrire, sont un phénomène franco-français en conséquence de la législation du travail trop rigide. L’Angleterre, l’Allemagne et bien d’autres pays étrangers disposent d’une législation du travail moins contraignante. Les SSII y sont beaucoup moins développées, et les indépendants assurent avantageusement la fluidité du marché du travail. La législation du travail leur est beaucoup plus favorable qu’en France.
Les informaticiens, la profession et les Pouvoirs Publics devraient en prendre conscience.

L’évolution technologique:
Le dernier facteur est l’évolution technologique. Ou plutôt la rapidité de l’évolution technologique qui croît exponentiellement. Tout nouveau, tout beau ! En l’absence de standard, ou d’acteur dominant, toute nouvelle technologie crée son appel d’air dans la communauté des informaticiens. Et ce souvent au détriment des anciennes technologies. Facebook a sa plateforme de développement, Google a le sien (OpenSocial), Microsoft a créé le sien (Silverlight) et même Adobe est de la partie (Flex). Si vous faîtes le pari aujourd’hui de la technologie d’une de ces sociétés et qu’elle sort gagnante de la bataille, vous avez 3 bonnes années de vache grasse devant vous. Avant qu’une nouvelle technologie ne naisse et que vous vous retrouviez sur la touche. Ou à moins d’avoir anticipé le mouvement et de vous former de nouveau (si vous trouvez le centre de formation et l’aide financière adéquate).
Les technologies telles les Gsm, la mobilité, le machine to machine vont créer un appel d’air qui permettra aux jeunes entrants et à nombre d’entre nous de trouver de nouveaux débouchés. Mais l’inconvénient est que dans notre profession, on est considéré comme inadaptables à partir de 37 ans.

Plus d'infos sur matanga.jinli.euLa pyramide des âges de Laurent Ellerbach (dans l’accès réservé aux adhérents de l’ANIF)

Avec les plus de 35 ans dont nombre ont du mal à retrouver du travail, et les informaticiens âgés qu’on met à la retraite, c’est une énorme richesse que l’on met de côté. Tandis que d’autres pays valorisent leurs aînés de par la masse d’informations qu’ils ont engendré avec l’expérience, le nôtre ne pense qu’à une chose, c’est les mettre sur la touche au nom de modèles économiques dépassés et des habitudes acquises. De plus en plus d’entreprises ont heureusement commencé à avoir recours aux jeunes retraités ou ceux en devenir, en les utilisant comme formateurs des jeunes générations. Ce n’est malheureusement pas encore entré dans les bonnes pratiques des entreprises ni dans la logique de la profession et des autorités de tutelle.

L’informaticien est souvent caricaturé comme ‘quelqu’un qui attend que tout lui soit servi sur un plat’. Est-ce un tort? Je ne le sais. Une chose est néanmoins sûre, l’employabilité de chacun d’entre nous devrait devenir une préoccupation majeure dans la gestion de nos carrières. Pour ne pas être laissé sur le bord de la route quand de nouvelles technologies verront le jour. Et vous savez bien que c’est pour aujourd’hui, pas pour demain.

Et vous, craignez-vous de vous retrouver en situation de précarité ou de chômage un jour ?

Notes :
(1) nombre des informaticiens en France : 680 000 à 700 000 pour l’Anif, dont 70 000 indépendants et précaires

(2) Chiffres 2006 communiqués par le Président du Syntec.



Microsoft condamné et après ?

22 09 2007

En 2004, Microsoft avait été condamné par la commission européenne pour deux raisons: un abus de position dominante sur le marché des serveurs et l’intégration de Windows Media Player dans Windows. Microsoft avait fait appel.
En septembre 2007, la cour de première instance du Luxembourg a rejeté l’appel de Microsoft et confirmé sa condamnation.

2004, c’était il y a 3 ans. Le marché a muté, les produits ne sont plus les mêmes, les challenges non plus. La condamnation de Microsoft a-t-elle encore une valeur ?

Plutôt que de chercher à réduire les parts de marché de Windows, il est à souhaiter que ce jugement permettra aux nombreux éditeurs d’avoir accès à des informations leur permettant de mieux faire fonctionner leurs logiciels et leurs applications.

Parmi les bienfaits qui pourraient se profiler, on pourrait compter:
1. le prix
2. la compatibilité
3. l’innovation
4. la concurrence
5. l’interopérabilité

LE PRIX

En étant en désaccord avec Microsoft sur sa politique concernant les applications à rajouter à Windows, ce jugement pourrait permettre la baisse des prix du système d’exploitation Windows lui-même et pourquoi pas des produits Microsoft en général. Logiquement, un Windows ‘nu’ ne
devrait-il pas coûter moins cher qu’un Windows avec Windows Media Player, le jeu démineur ou le navigateur installé ?

En Australie, de février à mai 2007 (du 26 février au 28 mai plus précisement), Microsoft a baissé le prix d’Office 2007 en le mettant à 75 dollars australiens. La version officielle est que cela avait pour but d’éviter aux gens d’utiliser des versions d’Office piratées et de pouvoir s’équiper à moindre coût. D’aucuns disent que c’est plutôt en réponse à la poussée de logiciels bureautiques tels Open Office.

Plus d'infos sur matanga.jinli.euMicrosoft Ultimate Limited Offer 2007


LA COMPATIBILITE

Un tour sur le site de Microsoft vous montrera que les extensions des pages sont ‘.mpsx’ ou ‘.aspx’ alors même que des formats désignés par le W3C existent. Mais c’est Microsoft! Son écosystème est assez large pour qu’il fasse de ses formats propriétaires des formats standards.

Le format son de Microsoft est “.wav” et son format vidéo est ‘.wmv’. Chose impensable il y a encore quelques années, Microsoft a ajouté le codex divx dans les médias à lire. Intialement version pirate du format Microsoft MPEG-4, Divx est un format qui permet de compresser beaucoup plus et avec un bien meilleur rendu les fichiers vidéos. Il a été réécrit depuis et est dévéloppé par une entreprise nommée … DIVX. Format très répandu, grâce notamment à sa grande compression de données, Divx
est de fait le standard vidéo. On pourrait dire que le Divx est à la vidéo ce que le mp3 est au son.

Plus d'infos sur matanga.jinli.euMicrosoft Releases Windows Media Extenders


L’INNOVATION

Les revenus de Microsoft sont essentiellement basés sur le coût des licences : Windows puis Office.
On a vu dans un article précédent que la stratégie de Microsoft est asée sur le poste de travail. Autant pour Cisco et Google, la pièce maîtresse est Internet quelque soit l’accessoire qui permet d’y accéder,
autant pour Microsoft la pièce maîtresse reste le poste de travail qui permet d’accéder à Internet.
L’innovation viendra de domaines qui pourraient intéresser les tilisateurs bien que cela soit un manque à gagner pour Microsoft, ou d’un domaine où Microsoft n’a pas encore décidé d’investir.

Cinq exemples: Google Apps [qui permet d’éditer, de conserver des documents en ligne ou offline. Editeur de texte, feuille de calcul, présentations sont au rendez-vous], Nintendo Wii [avec son nouveau concept de jeu ‘mains libres’], Premiere Elements 3 [qui permet de créer facilement des vidéos], Blackberry [PDA avec des fonctionnalités d’email, de GPS et un étonnant design], Et enfin Skype [qui permet de téléphoner partout dans le monde à des prix très bas].

Plus d'infos sur matanga.jinli.eu Cisco & Microsoft: le combat des géants

LA CONCURRENCE
Google Apps, Open Office, Lotus Symphony sont autant de produits défiant aujourd’hui Office 2007. Le fait d’avoir plus de spécificités sur Windows pourrait permettre aux éditeurs de développer des applications encore plus stables et plus rapides.

Qui dit plus de choix, dit guerre des prix. En gardant à l’esprit que trop de choix peut tuer le choix, on peut se rappeler néanmoins la dissolution de Bell aux Etats-Unis. Les premiers temps ont été
catastrophiques pour les utilisateurs car devant acheter des appareils d’un côté et des services pour y accéder de l’autre. Mais à la longue, les utilisateurs ont été gagnants car seules les entreprises les plus
performantes et les plus flexibles en terme de produits et de services proposés sont restés.

Et encore plus près, l’ADSL en France! Comme on a cassé le monopole de France Télécom et ouvert la concurrence sur l’accès ADSL à Internet, plus de services ont vu le jour, et les prix ont beaucoup baissé.

Plus d'infos sur matanga.jinli.euGoogle Apps chez Capgemini

L’INTEROPERABILITE
Silverlight, la plateforme de développement Microsoft a été annoncée en avril 2007 lors de l’évènement MIX à Las Vegas et lancée récemment. Le site tafiti.com, un moteur de recherche dévéloppé avec Silverlight a été lancé pour montrer les fonctionnalités de cette plateforme. Sont supportés les systèmes Windows et OS X. Une version linux est en cours de développement par Novell sous le nom de projet Moonlight.

Plus d'infos sur matanga.jinli.eu Microsoft lance tafiti.com

Internet Explorer est utilisable sous Mac et Windows; Office 2008 sera aussi dévéloppé sous Mac Os; Windows Media Player peut lire des films en divx…
Des faits qui parlent d’eux-mêmes quant au devenir de l’informatique: l’interopérabilité. La possibilté de lire des documents avec différents accessoires et appareils sans avoir nécessairement besoin de les ‘convertir’ à tout bout de champ.

Après la condamnation de Microsoft, bientôt le tour de Google et Apple ?