Plone, un CMS bien rôdé.

3 03 2008

Entretien réalisé en mars 2008, avec Alexandre Garel développeur chez Pilot Systems. Voici une introduction à l’outil Plone pour celles et ceux qui en auraient entendu parler ou seraient à la recherche d’un CMS pour la réalisation d’un projet Web.

WM : Bonjour Alex, et merci d’avoir accepté cet entretien virtuel. Pourriez-vous vous présenter en quelques mots?

Alexandre GAREL: Je suis développeur et chef de projet chez Pilot Systems. Issu de l’ENSEEIHT, j’ai travaillé dans des PME industrielles et dans l’administration. Je suis venu chez Pilot Systems. principalement parce que j’étais passionné par le langage Python et le logiciel libre et travailler dans une petite structure correspondait à mes aspirations.

WM : Qu’est-ce que Plone ? Et à quel type d’entreprises s’adresse ce produit - Sites personnels, TPE, PME ou plutôt associations ?

AG : Plone est un logiciel de gestion de contenu (CMS). Il fournit directement un site web, un intranet ou une base documentaire.

Concernant sa cible, Je dirais que dans sa conception, il rejoint les exigences des grandes entreprises. Toutefois, étant un logiciel libre et gratuit, très ergonomique, il couvre un large segment de marché et peut être adapté pour une utilisation en site personnel ou associatif (voir http://objectis.org notre service d’hébergement gratuit).

Outre les multiples qualités de Plone (respect des standards, référencement naturel, RSS, etc…) de nombreuses extensions permettent d’ajouter des fonctionnalités à Plone : blog, forum, gestion de la vidéo etc…

La modularité de Plone en fait aussi une vraie plateforme de développement d’applications spécifiques.

WM : Comment situez-vous Plone par rapport aux autres CMS (Content Management System - gestion de contenu) du genre SPIP, Mambo ou Joomla?

AG : Plone est bien un CMS. Par rapport à d’autres CMS je dirais que Plone se distingue parce qu’il est vraiment de classe “Entreprise”. J’entends par là qu’il est vraiment conçu dans l’optique d’une utilisation métier et d’une réelle intégration au SI (LDAP, Bases de données, services web, protocole FTP…)

Plone est bâtit sur la pile Zope / Python, robuste et largement éprouvée. Il est d’une modularité extrême et possède des atouts uniques comme une vraie base de donnée objet transactionnelle.

WM : Quelles sont les spécifications nécessaires pour une installation et utilisation de Plone ?

AG : Plone peut être installé sur n’importe quel système relativement moderne : Linux, FreeBSD, Mac OS X, windows, etc…

Je dirais qu’il n’y a pas de spécification nécessaire si ce n’est un minimum de mémoire vive pour que les performances soient acceptables.

WM : Pouriez-vous citer des exemples de projets ou de sites réalisés sous Plone ?

AG : Le site plone.net vous donnera une liste intéressante de sites professionnels utilisant Plone. Comme je le disais précédemment, vous pouvez voir la diversité de secteurs et de type d’organisation qui utilisent Plone. Pilot Systems a notamment réalisé le site internet d’EADS Astrium ou encore celui du crédit municipal de Paris.

Coté Intranet nous en avons réalisé de nombreux : pour l’ENA, en milieu hôpitalier, pour des mairies, des banques, des industries. En plus de permettre une information et une collaboration, Il y a souvent des aspects et outils métiers qui ont été ajoutés.

Coté projet, Plone est utilisé pour réaliser de vraies applications métier spécifiques. Des exemples publics peuvent être ploneSoftwareCenter qui sert à gérer les produits plone sur Plone.org ou bien Plumi qui permet de créer un portail de vidéo.

WM : Vous êtes, j’en suis sûr, conscient que beaucoup d’entreprises et particuliers utilisent les services communs d’hébergeurs tels Ouvaton, Amen, OVH et autres. La difficulté d’installation ne semble-t-elle pas pour vous rédhibitoire pour une entreprise lambda et si oui que proposez-vous pour pallier à cela ?

AG : Le vrai problème est si l’on dispose d’un hébergement mutualisé qui n’offre en fait qu’un ensemble de ressources PHP / MySQL. Pour pouvoir utiliser Plone il faut soit être chez un hébergeur Plone (Pilot Systems a une offre Objectis Pro dans ce sens), soit être maître du système.

Aujourd’hui la technique de la virtualisation permet aux opérateurs de proposer à des prix abordables des configurations qui vous permettront d’héberger simplement un site Plone. Sur Debian par exemple l’installation d’un simple paquet vous permet de bénéficier de Plone.

WM : Vous avez parlé plus haut d’un site d’hébergement gratuit offert par Pilot Systems http://www.objectis.org. Quels sont les critères d’éligibilité ?

Objectis est un site d’hébergement gratuit, à la qualité de service non garantie. Il est ouvert à tout projet non commercial. Son but principal est de faire découvrir Plone. Il devrait sous peu permettre d’utiliser Plone 3.

WM : Pourriez-vous nous en dire plus sur les apéros Plone ?

AG : Les apéros Plone (http://www.aperosplone.com) sont des soirées organisées par Pilot Systems et d’autres partenaires. Ouverte à tous, ces soirées sont l’occasion de découvrir Plone autour d’un verre et d’une discussion conviviale. À chaque apéro Plone, un sujet particulier est approfondi. Le prochain traitera du travail collaboratif avec Plone.

WM : Pour celles et ceux qui veulent aller plus loin, que conseilleriez-vous ?

AG : Je conseillerai d’aller faire un tour sur plone.org, d’ouvrir d’un compte sur objectis, ou bien d’installer Plone sur leur PC, de fréquenter le canal irc #plone-fr et de venir aux apéros Plone bien sûr !

WM : Merci Alexandre pour votre temps.



Version limitée de XP en préparation

28 10 2007

Microsoft se met sur les rangs afin d’installer XP dans les ordinateurs OLPC, les ordinateurs portables de 100 dollars construits pour les pays émergents.

Ce programme avait commencé avec des logiciels open source, afin de permettre aux jeunes utilisateurs des nouvelles technologies de se faire la main sur des formats ouverts. Et ce sans avoir à se soucier de quelques droits d’utilisation ni de licences à racheter. Aujourd’hui, dans sa logique d’occupation de terrain, Microsoft se positionne afin de pouvoir équiper ces machines à 100 dollars.

Très enthousiaste au début du projet, en le voulant ‘ouvert et libre’ Nicholas Negroponte l’initiateur du projet surprend et agace la communauté du libre en acceptant d’installer XP sur ces ordinateurs bon marché.
Des ingénieurs de Microsoft travaillent à réduire XP car son noyau originel est trop gourmand pour s’exécuter sur le XO. A la demande de Microsoft avait été d’ailleurs rajouté un slot pour un potentiel ajout de mémoire.

De 100 dollars, le portable OLPC sera probablement vendu à 200 dollars. Ceci principalement à cause du prix des composants qui n’ont pas assez baissé et du manque de sponsors dans les industries de fabrication des-dits composants informatiques.

La position de Microsoft en s’investissant dans ce projet ne devrait pas être une surprise. Ce portable est destiné aux pays émergents, à des personnes qui ont besoin de s’initier aux nouvelles technologies. En les ignorant c’est autant de nouveaux utilisateurs qui passeront à la concurrence.

Il n’est pas précisé si XP de même qu’Intel (nouvel adhérent) publieront leurs codes sous licence GNU.
En effet, le code de Windows Server 2003 est basé sur XP SP2, et Vista sur Server 2003. D’offrir ce code sous licence open source serait un énorme changement dans la stratégie de Microsoft. Et vu son modèle économique basé sur les licences, il est très peu à parier que Microsoft suivra cette voie.

La question qui se pose est celle de savoir jusqu’où Microsoft est prêt à aller pour avoir de nouveaux clients.

Plus d'infos sur matanga.jinli.eulire aussi Microsoft indésirable en Inde

 

Plus d'infos sur matanga.jinli.euPour plus d’informations: One Laptop Per Child



IBM offre Symphony, une alternative à Microsoft Office

20 09 2007

IBM a mis gratuitement sur le marché la suite Lotus Symphony. Ce pack comprend un éditeur de texte, des feuilles de calcul et un logiciel de présentation. Attaque frontale à l’hégémonie du pack Office de Microsoft qui, lui, est payant.

Plus d'infos sur matanga.jinli.eu IBM Releases Office Desktop Software

La suite d’IBM est disponible sur les plateformes Windows et Linux. Une version est en cours de réalisation pour Mac OS et devrait être livrée pour le premier semestre 2008. Il est à noter que ce pack est déjà distribué avec Lotus 8 - payant.

Dans sa stratégie de promotion de l’ODF (Open Document Format), format concurrent du OOXML de Microsoft, IBM a offert la semaine dernière du code à la communauté du libre avec le pack Open Office. Il ne serait pas étonnant dans un futur proche de voir ces deux solutions fusionner, car toutes deux comportent du code commun et offrent pratiquement les mêmes fonctions.

Plus d'infos sur matanga.jinli.eu IBM rejoint la communauté Open Office

L’utilisation du format ODF offre la garantie d’une pérennité de cette solution IBM, et celle d’une interopérabilité future avec des applications de tous bords, présentes et futures.

IBM vient ainsi se rajouter à des solutions gratuites déjà existantes telles Google Apps et Star Office de Sun. De plus Google donne la possibilité de télécharger Star Office, et Cap Gemini inclut aujourd’hui Google Apps dans sa solution bureautique.

Plus d'infos sur matanga.jinli.eu Google Apps chez Capgemini

Le pack de logiciels Symphony est gratuitement accessible sur le site d’IBM.

Avec encore un pavé lancé dans la mare des logiciels bureautiques, il est à prévoir que les Directeurs de Système d’Information - DSI - aient la tentation de choisir un pack bureautique gratuit plutôt que de payer une mise à jour d’Office.

Néanmoins, n’est-ce pas un danger pour les utilisateurs que d’avoir trop de choix ?



IBM rejoint la communauté OpenOffice.org

12 09 2007

IBM devient membre du projet OpenOffice et s’engage à partager du code de Lotus Notes de même que de l’inclure avec ses propres produits.

Créé en 2001 par Sun MicroSystems, OpenOffice est une suite bureautique dévéloppée sous licence libre. De même que la version commerciale de Microsoft, OpenOffice contient un ensemble de logiciels. Les logiciels compris sont les suivants :

  • Writer le traitement de texte
  • Calc la feuille de calcul
  • Base pour la gestion des bases de données
  • Draw un module graphique
  • Impress pour la création de présentations
  • et enfin Math pour les équations mathématiques

Et, contrairement à Microsoft Office qui a un format propriétaire, il utilise le standard ODF et peut ouvrir les formats les plus courants y compris ceux de Microsoft.

OpenOffice peut se télécharger gratuitement sur le site openoffice.org et s’intalle sous les systèmes Windows, Vista, Linux, Solaris et Mac OS X.

Mike Rhodi directeur (general manager) du département Lotus chez IBM résume leur contribution comme suit :”Nous sommes convaincus que cette collaboration va conduire à une plus grande variété d’applications et de produits dérivés de la technologie OpenOffice.org”.

John Green, Vice Président (Executive vice president) du département Logiciel chez Sun Microsystems estime que la venue de IBM va ainsi permettre d’affermir l’utilisation de ODF et de réunir autour de ce standard les acteurs du marché.

A l’heure où Microsoft pousse à instaurer Office Open XML (OOXML) comme standard concurrent à ODF, on comprendra la portée du commentaire de chez Sun.

Plus d’informations:
IBM joins OpenOffice.org community (en)
OpenOffice.org 2.0 - pdf (fr)

Lire aussi:
Logiciel libre et gratuité vont-ils de pair ?



Logiciel libre et gratuité vont-ils de pair ?

6 09 2007
On réduit souvent le logiciel libre à la gratuité. Gratuité qui vaut encore aujourd’hui au logiciel libre d’être décrié par nombre d’éditeurs propriétaires (de logiciels avec des formats protégés).

Un logiciel libre est dévéloppé et distribué sous licence GPL (aujourd’hui GPLv3). C’est à dire, que la liberté de le modifier, le distribuer et de le vendre si nécessaire est acquise. De même que le code source est fourni soit en standard soit à la demande. Le “libre” de logiciel s’applique à la liberté de partage et non à la gratuité.

La notion de licence telle qu’existante avec les logiciels propriétaires est absente avec le logiciel libre. Tout le monde a droit à le modifier et à le développer à condition de faire bénéficier le public de son travail. Et c’est cette approche qui est condamnée par les grands éditeurs. Développer des produits performants demande des investissements en R&D. Investissements que le modèle économique des logiciels libres rendent impossibles à rentabiliser.

Les collectivités locales et l’administration publique se tournent pourtant de plus en plus vers les logiciels libres dans une optique de réduction de coûts. Pour un développement de spécificités sous GPLv3 -qui peut se révéler payant- les agences publiques qui auront besoin de cet outil n’auront plus à payer pour un développement similaire et pourront l’utiliser gratuitement.

Expérience encore jeune, puisque débuter en 2006, mais Sun par exemple s’est lancé dans l’aventure en passant son système d’exploitation maison Solaris et Java en Open Source. Le modèle économique de licences est passé à celui de services et c’est peut-être là l’avenir du logiciel libre. Des services de support, plutôt qu’une redevance de licences.

Si le logiciel libre n’existait pas, est-ce que ceci serait vrai ? (en)

Plus d’informations:
A Framework for Understanding GPL copylefting vs. non copylefting licenses - PDF (en)
GNU General Public License (en)

Lire aussi:
Microsoft menace la communauté du libre



Sugar 5.0 bêta, Open source CRM est lancé

3 09 2007

SugarCRM lance une nouvelle mouture à son outil CRM. Spécialisé dans la gestion relation clientèle open source, SugarCRM est un des succès des logiciels open source pour les entreprises. C’est aussi une alternative aux produits d’Oracle, SAP ou même Microsoft.

SugarCRM

SugarCRM c’est plus de 3.500.000 téléchargements, plus de 10.000 développeurs, et quelques 420 projets en cours. C’est aussi un outil CRM qui permet des personnalisations poussées afin de se rapprocher au plus près de l’image et du domaine d’activité de l’entreprise. C’est en outre une messagerie Ajax, de nouveaux graphes, et une flexibilité entre les versions ‘On-site’ (hébergé par le client) et ‘On-demand’ (hébergé chez Sugar).

A côté de cet outil gratuit, il ne faut pas se leurrer, existent bien des outils payants. Mais c’est en connaissance de cause, et après l’avoir testé, et si seulement le besoin de plus de fonctionnalités se fait sentir que l’on pourra se tourner vers les versions payantes.

Cette version est compatible avec la nouvelle licence libre GPLv3, publiée en juin 2007 par la Free Software Foundation.
L’adoption de cette licence par une start-up à succès est à applaudir. Car son succès ne s’est pas construit en s’aliénant ses clients, mais simplement en créant des bons produits.

Quid de l’excuse: le logiciel libre, n’est pas adapté pour les entreprises?

Plus d’infos: SugarCRM’s Community Edition 5.0 Beta Released Today Under GPL v3 License (en)
GNU General Public License (en)